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Le dessin architectural est l’un des trois grands domaines qui influencent le niveau de performance d’une maison passive. Zoom sur ce premier critère qui est aussi le plus gros levier pour atteindre le meilleur rapport entre la performance et le coût d’une maison.

L’approche bioclimatique dans le domaine de la construction consiste à optimiser la conception architecturale d’une maison pour favoriser sa performance par sa forme, son orientation, les dispositions des surfaces vitrées, etc. En effet, le bâti est le point de départ de cette approche car ses faiblesses devront être compensées plus tard s’il n’est pas bien conçu.

Les grands principes de l’architecture bioclimatique n’inventent rien, ils ne font que réutiliser des pratiques que savaient très bien manier nos anciens, en appliquant leur bon sens paysan. Par exemple, les vieilles longères d’autrefois sont très bien conçues alors que les lotissements actuels cherchent avant tout à utiliser le rendement financier du foncier. Les règlements de l’urbanisme comme le PLU ne vont malheureusement pas toujours dans ce bon sens, en obligeant parfois les maisons à être construites parallèlement à la rue.

Sur quoi reposent les grands principes de l’architecture bioclimatique ?

PRINCIPE 1 :  l’orientation et le positionnement de la maison sur le terrain.

L’idée est de positionner la maison au Nord du terrain pour dégager de l’espace à l’extérieur côté sud vers lequel se tourneront les espaces de vie. Chaque degré de décalage avec une orientation plein Sud de la façade principale représente quelques calories gratuites en moins car cela diminue les rayonnements solaires sur le vitrage.

PRINCIPE 2 : la forme du bâti.

Il faut réussir à mettre en corrélation les besoins d’habitabilité et de mode de vie dans une maison avec une forme de bâti la plus compacte possible. Chaque mètre carré utile doit avoir le moins de surface en contact avec l’extérieur car c’est précisément là que se perdent les calories. Une forme cubique à étages est ce qui se rapproche le plus de l’idéal, en dehors d’une maison ronde (peu pratique à aménager et très complexe à construire). C’est un compromis à trouver entre la forme du bâti et l’esthétique architecturale.

PRINCIPE 3 : les surfaces vitrées.

La dimension et la position des surfaces vitrées doit permettre de capter au mieux l’énergie solaire. Majoritairement placées au Sud, elles sont le radiateur principal de la maison. Les proportions idéales sont 70 % des surfaces vitrées au Sud, 20 % à l’Est, 10 % à l’Ouest et 0 % au Nord.

PRINCIPE 4 : la position des pièces intérieures.

Les pièces qui ont besoin d’une température plus élevée et de la luminosité – les pièces à vivre – seront placées au Sud, orientées vers le jardin. Les pièces de nuit, les pièces techniques, le bureau, la salle de bain, les WC, etc. seront placées au Nord.

PRINCIPE 5 : la protection estivale contre la chaleur.

À l’inverse, il ne faut pas que la chaleur que l’on cherche à capter en hiver devienne une source d’inconfort en été. Il existe solutions permettant de se protéger des rayonnements solaires sans perdre trop de luminosité, en traitant les surfaces vitrées par l’extérieur. Par exemple, le brise-soleil orientable qui fonctionne comme un store extérieur empêche aux rayons du soleil de taper sur le vitrage tout en préservant la luminosité.

PRINCIPE 6 : l’inertie thermique.

Des matériaux très denses peuvent permettre de stocker la chaleur quand le soleil tape et de la restituer et la diffuser dans la maison quand la température redescend. Toutefois, c’est un principe tampon difficile à maîtriser et à réguler.

L’architecture bioclimatique, encore loin d’être toujours un réflexe, est pourtant un gros levier économique. Une maison compacte coûte moins cher à la construction et en consommation d’énergie, étant plus performante, elle nécessite moins d’isolation. Pour que la construction bioclimatique se développe, elle doit être séduisante et attractive L’enjeu est de trouver pour chaque projet le meilleur compromis entre l’objectif de confort et performance et la qualité architecturale. C’est le défi que relèvent chaque jour les concepteurs spécialistes de maisons bioclimatiques.

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